Les supports de la caricature

 


Tableau récapitulatif des journaux satiriques français

JournalPériodeStyle / ThèmesDessinateurs phares
La Caricature1830–1835Politique, anti-monarchique, satire directeHonoré Daumier, Charles Philipon
Le Charivari1832–1893Quotidien satirique, société et politiqueDaumier, Cham, Gavarni
La Lune1865–1868Caricature politique audacieuse, satire du Second EmpireAndré Gill
L’Éclipse1868–1876Successeur de La Lune, satire politique sous censure impérialeAndré Gill
L’Assiette au Beurre1901–1912Satire sociale, anarchiste, antimilitariste, très visuelleSteinlen, Jossot, Grandjouan, Kupka
Le Canard Enchaîné1915–aujourd’huiSatire politique, journal d’enquête, humour discretPétillon, Cabu, Lefred-Thouron
Aux Écoutes1922–1940Satire politique, potins, nationalisme, journal d’indiscrétionsVariés, moins centré sur des caricaturistes célèbres
Hara-Kiri1960–1986Humour noir, absurde, anarchiste, “bête et méchant”Wolinski, Reiser, Cavanna, Gébé
Charlie Hebdo1970–1981, 1992–aujourd’huiSatire politique, sociale, anticléricale, provocatriceCharb, Cabu, Wolinski, Riss, Luz, Tignous
Fluide Glacial1975–aujourd’huiHumour absurde, bande dessinée, critique de sociétéGotlib, Edika, Lindingre

Aux Ecoutes (1918-1940 et …1969)
était un hebdomadaire satirique et politique mêlant caricatures, potins mondains et révélations politiques, connu pour son ton caustique, ses indiscrétions sur les élites, et sa proximité avec certains milieux nationalistes dans l’entre-deux-guerres.

Charlie Hebdo (1970–aujourd’hui, relancé en 1992)
Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Riss, etc.
Leur travail (souvent polémique) a marqué l’histoire contemporaine du dessin satirique.
Attentat de 2015 a bouleversé le monde de la caricature.

El Jueves (Espagne, 1977–aujourd’hui) : satirique, souvent censuré.
Est un hebdomadaire espagnol d’humour graphique et de satire politique, publié à Barcelone. Son titre complet est aujourd’hui « El Jueves, la revista que sale los miércoles » (« Le Jeudi, la revue qui paraît le mercredi »), c’était au départ « El Jueves, la revista que sale los viernes » (« Le Jeudi, la revue qui paraît le vendredi »).

Fluide glacial (1er avril 1975)
Est un magazine de bande dessinée humoristique, qui publie des caricatures sociales et absurdes d’une grande inventivité graphique, moquant avec férocité et surréalisme les travers du quotidien, plutôt que les figures politiques.

Gil Blas ‘novembre 1879 à mars 1940)

Etait un journal littéraire et satirique de la Belle Époque qui, aux côtés de ses chroniques politiques et récits d’auteurs célèbres, publiait des caricatures élégantes et mordantes illustrant la vie parisienne, la bourgeoisie et les travers sociaux, dans un style raffiné porté par des artistes comme Steinlen, Forain ou Hermann-Paul.

L’homme au Gil Blas attribué à tort à Gustave Caillebotte, 1880 selon le Comité du même nom

Hara-Kiri (1960–1986)
Ancêtre de Charlie Hebdo, sous-titré « Journal bête et méchant ».
Fondateur : François Cavanna, avec Wolinski, Reiser, Gébé…
Provocateur, irrévérencieux.

Il Male (Italie, années 1970–1980) :
Très provocateur.« le mal », en français) est un journal satirique hebdomadaire italien. il se démarque des autres titres satiriques – souvent d’extrême gauche – par sa stricte neutralité politique, se moquant de tout et tout le monde, y compris lui-même ; il est ainsi considéré comme l’un des titres satiriques les plus célèbres d’après-guerre.

La Caricature (1830–1835)
Journal satirique du XIXe siècle.
Caricatures de Daumier contre Louis-Philippe.

l’Albuquerque depuis 1880 USA
publie ponctuellement des caricatures éditoriales illustrant l’actualité politique ou sociale américaine, dans une tradition journalistique plus modérée que satirique, souvent centrée sur les enjeux locaux et nationaux.

La Libre Parole journal politique antisémite français lancé à Paris le 20 avril 1892 par le journaliste et polémiste Édouard Drumont et disparu en juin 1924. Le 7 juillet il publie une charge contre le président de la république Jean Casimir-Perier environné de chèques et de sacs d’argent. L’édile trône sur un nuage tandis que, plus bas,

des mineurs (un homme, une femme et leur enfant), aux vêtements loqueteux, s’apprêtent à descendre dans la fosse..

La Lune (1865 à 1868)
était un journal satirique illustré de la période du Second Empire, célèbre pour ses caricatures politiques audacieuses – notamment celles de Napoléon III par André Gill – qui lui valurent la censure et symbolisèrent la résistance graphique à l’autoritarisme impérial.

La Silhouette (24 décembre 1829 – 2 janvier 1831)
L’originalité de La Silhouette, journal d’artistes, tient à l’importance accordée aux lithographies : deux en hors texte par numéro pour huit pages de texte (au total 103 lithographies en 52 livraisons). Dues aux meilleurs dessinateurs du moment, dont Charlet, Devéria, Tony Johannot, Grandville, Cham, Monier et Traviès rejoints plus tard par Daumier.

L’assiette au beurre (1901-1936)
était un journal satirique illustré radical et engagé, qui dénonçait avec une grande liberté graphique les injustices sociales, le capitalisme, la guerre et les institutions à travers des numéros thématiques illustrés par les plus grands dessinateurs de l’époque.

Le Canard Enchaîné (1915–aujourd’hui)
Pas à proprement parler un journal de caricatures, mais il publie beaucoup de dessins satiriques.
Journal d’enquête sans publicité, très influent.

Le Chambard socialiste lancé le 16 décembre 1893 Mis à part les éditoriaux de Gérault-Richard et les poésies de Clovis Hugues, peu d’articles sont signés. Les gravures en couleurs de la première page sont dues à Steinlen, qui signe « Petit Pierre ». La violence des articles du Chambard vaut au journal

d’être cité par le président du conseil Charles Dupuy à la chambre des députés en juillet 1894 et d’être interdit en 1895.

Le Charivari (1832–1893)
Célèbre pour ses caricatures politiques et sociales.
Accueillait des artistes comme Honoré Daumier. Ici sa page couverture du Charivari du 27 février 1834 annonçant le verdict d’un procès contre lui avec un calligramme en forme de poire (Louis-Philippe)

 L’éclipse (1868–1876)
fut le successeur de La Lune, poursuivant la tradition de la caricature politique satirique sous la plume d’André Gill, en contournant la censure impériale par l’humour graphique, et en devenant un symbole de la liberté d’expression à la veille de la Troisième République.

Nebelspalter (Suisse, depuis 1875) :
l’un des plus anciens magazines satiriques encore actifs. il est considéré comme une « institution » en Suisse.

Puck (1871–1918) USA
Premier magazine humoristique en couleur aux États-Unis.
Très influent en politique.

Punch (1841–1992 ; relancé brièvement en 1996) GB
Référence mondiale en caricature victorienne.
A popularisé le terme « cartoon » pour un dessin humoristique.

Simplicissimus (1896–1944) DE
Satire politique et sociale sous le Kaiser, la République de Weimar et le nazisme (avec censure).
Dessins puissants, souvent avant-gardistes.

The New Yorker (1925–aujourd’hui) USA
Célèbre pour ses cartoons élégants et ironiques.
Plus raffiné que satirique, mais très influent.