Le tour de France des musées créés par la révolution française

Quels musées existaient ils en France avant la révolution?

il existait quelques musées en France avant la Révolution française, mais ils étaient rares, souvent privés ou réservés à une élite. Ils ne correspondaient pas encore à la définition moderne du musée public tel qu’il s’est imposé après 1789.


Musées (ou proto-musées) existant avant la Révolution

1. Cabinets de curiosités (16e–18e siècle)

  • Très répandus dans les milieux aristocratiques et savants.
  • Mélangeaient objets d’art, fossiles, animaux naturalisés, instruments scientifiques.
  • Pas accessibles au public : visites limitées aux cercles érudits ou invités.

Le Cabinet de curiosités par Domenico Remps (1690) – Florence

2. Bibliothèque et Cabinet du Roi (Paris)

  • Fondé sous François Ier, enrichi au fil des siècles.
  • Devient un centre majeur de savoir et de collections.
  • Contenait des œuvres d’art, médailles, manuscrits.
  • Précurseur du futur musée du Louvre, mais réservé aux chercheurs et courtisans.

3. Cabinet d’histoire naturelle du Jardin royal des plantes médicinales

  • Créé en 1635 par Louis XIII (devenu Jardin du Roi).
  • Ouvert aux étudiants et quelques érudits.
  • Devient plus tard le Muséum national d’histoire naturelle (en 1793).

4. Musée des Beaux-Arts de Dijon

  • Créé officiellement en 1787, soit juste avant la Révolution.
  • Par Étienne Jean-Baptiste Bouhot, à partir de collections d’art anciennes du palais des ducs de Bourgogne.
  • Un des rares musées publics de province existant avant 1789.

5. Musée de peinture de Lyon


En résumé

Musée ou lieuDate de créationStatut avant 1789Public
Jardin du Roi (futur Muséum)1635Cabinet scientifiqueRestreint
Cabinet du Roi (Louvre)17e s.Collection royaleTrès restreint
Musée de Dijon1787Musée municipalPublic (limité)
Musée de Lyon1783PédagogiqueÉtudiants
Cabinets de curiosités16e–18e s.PrivésSur invitation

Ce que change la Révolution

Avant la Révolution, les « musées » existaient en tant que lieux savants ou élitaires. La Révolution invente le musée citoyen, laïc, public et gratuit, comme outil d’instruction et d’égalité républicaine.

La Révolution française a été un moment clé dans la naissance du musée public moderne en France. Avant 1789, les œuvres d’art étaient principalement propriété de la monarchie, de l’Église ou de l’aristocratie. La Révolution a bouleversé cet ordre et a transformé ces collections privées en biens nationaux accessibles au peuple, avec une volonté d’instruction publique, d’égalité et de sauvegarde du patrimoine.


Contexte : Révolution et confiscations

1. Confiscation des biens du clergé (1789–1790)

  • Dès novembre 1789, l’Assemblée nationale décrète que les biens du clergé sont mis à la disposition de la nation.
  • Les œuvres d’art religieuses (peintures, sculptures, manuscrits) sont saisies dans les églises, abbayes et monastères.

2. Biens des émigrés (1792)

Caricature de 1789 : Les Dégraisseurs Patriote. A votre tour Monseigneur.

  • Les biens des nobles ayant fui la Révolution sont également confisqués, y compris leurs collections d’art.

Un graphique 1790 illustrant le désespoir de deux émigrés français

Naissance des musées publics

Décrets fondateurs

  • 1791–1793 : Débats et textes sur la création de dépôts d’art destinés à l’instruction du public.
  • 27 juillet 1793 (9 thermidor an I) : La Convention nationale décrète la création de musées dans chaque chef-lieu de département, pour conserver et exposer les œuvres saisies.
  • 10 août 1793 : Inauguration du Muséum central des arts dans le Louvre, le tout premier musée national public en France.

Objectifs révolutionnaires

  1. Éducation du citoyen : Les musées doivent instruire le peuple, pas seulement divertir.
  2. Accès égalitaire à la culture : Rupture avec l’élitisme de l’Ancien Régime.
  3. Préservation du patrimoine national : Contre les destructions iconoclastes et le pillage.

Musées créés ou développés pendant la Révolution

  • Musée du Louvre (Paris, 1793)
  • Muséum national d’histoire naturelle (Paris, 1793)
  • Musée des Monuments français (1795, par Alexandre Lenoir)
  • Musée des Beaux-Arts d’Orléans (1797)
  • Musée des Beaux-Arts de Strasbourg (1793)
  • Divers dépôts départementaux ou municipaux (Toulouse, Montpellier, Dijon, etc.)

Acteurs clés


Conclusion

La Révolution a inventé une nouvelle mission pour l’art : servir le bien commun, former des citoyens éclairés, et préserver l’héritage national. Le musée devient un outil politique, éducatif et démocratique. C’est le point de départ du modèle moderne de musée public tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Les 15 musées créés par le décret du 14 fructidor an IX (1° septembre 1801) par le célèbre Chaptal auxquels ont été rajoutés les villes de Montpellier et Tours par arrêté des consuls du 16 fructidor an X (3 septembre 1802). Pour tout savoir

Il s’agit d’un mémoire de recherche de l’Ecole du Louvre

Écrire l’histoire matérielle du Décret Chaptal (14 fructidor an IX) et du Décret du 15 février 1811 qui le complète, à la suite pour près de 900 peintures qui ont été envoyées dans 18 villes de la Première République, puis de l’Empire napoléonien.
Comment les œuvres ont-elles été choisies puis attribuées à chaque ville ? Selon quels critères ?
Comment l’administration du Musée central des Arts (puis celle de Dominique Vivant Denon) a mis en place l’organisation nécessaire au suivi de ces envois, à la préparation des œuvres à leur restauration, et à la comptabilité liée à cette organisation ? Et y at-il un lien avec le décret de 1811 qui lui ressemble ?
Enfin, ces premiers envois, quel était leur statut ? Dons ou dépôts d’œuvres d’art ?
Que peut-on en conclure sur les relations entre l’Etat (l’administration du Louvre et le ministère de l’Intérieur) et les villes des départements au début du XIXème siècle ?
Il semblerait que les liens mis en place alors ont marqué, et marquent encore, la politique culturelle et la vie des musées en France

  • Bruxelles 1803 (à partir du 4 octobre 1830 Belgique)
    Plongez dans un voyage éblouissant à travers cinq siècles de chefs-d’œuvre européens au musée Oldmasters de Bruxelles, où chaque salle révèle la puissance de l’art ancien dans un cadre majestueux.
  • Caen 1801 **
    Découvrez au musée des Beaux-Arts de Caen une collection exceptionnelle de peintures, du XVe au XXe siècle, dans un écrin contemporain au cœur d’un château millénaire.
  • Bordeaux 1801
    Explorez au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux un panorama riche et vibrant de l’art européen, où grands maîtres et trésors méconnus dialoguent dans une atmosphère intime et élégante; cependant il n’est pas cité dans le Guide vert de la France de Michelin.
Pourquoi n’est-il pas mentionné ?

Le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux : que vaut-il ?

Les points forts :

1. Une belle collection permanente

  • Œuvres du XVe au XXe siècle.
  • Artistes majeurs présents : Rubens, Van Dyck, Chardin, Delacroix, Corot, Boudin, Matisse, Picasso.
  • Une section moderne et contemporaine en développement.

2. Un bâtiment historique

  • Installé dans l’Hôtel de Ville (Palais Rohan) et son aile nord.
  • Le cadre du musée est agréable, bien qu’un peu classique.

3. Expositions temporaires intéressantes

  • Le musée propose régulièrement des expositions thématiques ou monographiques de qualité.
  • Il joue un rôle actif dans la vie culturelle bordelaise.

4. Entrée gratuite pour les collections permanentes

  • C’est un musée accessible, ce qui en fait une belle halte culturelle dans une visite de Bordeaux.

Pourquoi n’est-il pas dans le Guide Vert ?

Plusieurs raisons possibles :

  1. Compétition locale forte :
    • Bordeaux est riche en sites culturels : Cité du Vin, musée d’Aquitaine, CAPC (musée d’art contemporain), etc.
    • Le musée des Beaux-Arts n’est peut-être pas jugé comme incontournable au niveau national, contrairement à des musées comme Orsay ou les Beaux-Arts de Lyon.
  2. Présentation parfois jugée « classique » ou « vieillotte » :
    • Certaines critiques pointent une muséographie un peu figée, même si des efforts de rénovation sont en cours ou prévus.
    • Il manque peut-être une « œuvre-star » mondialement célèbre.
  3. Choix éditorial du Guide Vert :
    • Le Guide Vert Michelin met en avant des sites considérés comme « incontournables » pour des visiteurs pressés ou généralistes.
    • Cela ne signifie pas que le musée est inintéressant, mais plutôt qu’il ne fait pas partie du « top 10 » culturel de la France pour ce guide précis.

Verdict : Le musée vaut-il le détour ?

Oui, si :

  • Vous aimez les beaux-arts (peinture, dessin, sculpture classiques),
  • Vous cherchez une activité culturelle au calme, sans foule,
  • Vous explorez Bordeaux au-delà des circuits touristiques évidents.

Pas forcément indispensable, si :

Vous cherchez des musées très spectaculaires ou modernes.

Vous êtes pressé ou peu amateur d’art,

  • Dijon en réalité fondée 1787 ***
    Admirez au Musée des Beaux-Arts de Dijon l’alliance unique entre art prestigieux et patrimoine ducale, dans l’un des plus anciens musées de France niché au cœur du palais des ducs de Bourgogne.
  • Genève 1805 (Suisse à partir de 1815)
    Laissez-vous emporter par la richesse des civilisations au Musée d’Art et d’Histoire de Genève, où antiquités, beaux-arts et arts appliqués se rencontrent dans un cadre grandiose au cœur de la ville.
  • Grenoble 1798 ***
    Plongez dans l’un des plus beaux musées de France au Musée de Grenoble, où les maîtres anciens côtoient l’avant-garde moderne dans une architecture lumineuse ouverte sur les Alpes.
  • Lille en réalité fondé en 1792 ***
    Entrez dans le somptueux Palais des Beaux-Arts de Lille et parcourez l’une des plus riches collections de France, entre chefs-d’œuvre européens, sculptures majestueuses et maquettes historiques captivantes.
  • Lyon 1801 ***
    Explorez au Musée des Beaux-Arts de Lyon un univers artistique d’exception, où peintures, sculptures et antiquités dialoguent dans le cadre prestigieux d’une ancienne abbaye en plein cœur de la ville.
  • Marseille 1802 (*)
    Découvrez au Musée des Beaux-Arts de Marseille un écrin historique au Palais Longchamp, où l’art du XVIe au XIXe siècle rayonne entre écoles italienne, française et provençale. Le guide vert France ne le cite pas, par contre celui de la Côte d’Azur lui en attribue une.
Pourquoi ?

Collections permanentes

Le musée présente une vaste collection de peintures, sculptures et dessins allant du XVIe au XIXe siècle, couvrant les écoles française, italienne, espagnole et flamande. Parmi les œuvres notables

  • Peintures : œuvres de Rubens, Jacques-Louis David, Courbet, Corot, Delacroix, Puget, Philippe de Champaigne, Simon Vouet, Nicolas Mignard, Louis Finson, Jacob Jordaens, Frans Snyders, Matthias Stom, Michael Sweerts, Jan van de Venne, Jacob Ferdinand Voet, Jean-Baptiste de Faudran, Eustache Le Sueur, Reynaud Levieux, Jean-Baptiste Monnoyer, Simon Renard de Saint-André, Michel Serre, et Jean Daret.
  • Sculptures : un ensemble exceptionnel d’œuvres de Pierre Puget, ainsi que La Méditation d’Auguste Rodin, offerte par l’artiste lui-même.
  • Dessins : une collection remarquable de dessins français et italiens, avec des œuvres de Pontormo, Le Guerchin, Giovanni Lanfranco, Salvator Rosa, Fra Angelico, Baccio Bandinelli, Francesco Salviati, Baldassarre Peruzzi, Le Sodoma et Giorgio Vasari.

Un cadre historique

Le musée est installé dans le Palais Longchamp, construit entre 1862 et 1869 pour célébrer l’arrivée des eaux de la Durance à Marseille. Ce bâtiment, classé monument historique, est orné de sculptures monumentales, notamment le groupe de la Durance par Jules Cavelier et des animaux sauvages par Antoine-Louis Barye. Les escaliers du musée présentent deux peintures de Pierre Puvis de Chavannes : Marseille, porte de l’Orient et Marseille, colonie grecque.


Reconnaissance et accessibilité

Le Guide Vert Michelin a attribué une étoile au Palais Longchamp, reconnaissant ainsi l’intérêt du site. Bien que le musée ne soit pas toujours mis en avant dans certains guides, il demeure une destination culturelle de premier plan à Marseille

  • Mayence 1803 (Allemagne depuis 1815)
    Plongez dans l’histoire fascinante de la Rhénanie au Musée régional de Mayence, où l’Antiquité romaine, l’art médiéval et les trésors culturels s’exposent dans un cadre élégant et vivant.
  • Montpellier 1795 dont les œuvres ont été transférées en 1928 dans le musée Fabre ***
  • Nancy en réalité fondé en 1793 **

je vous conseille de les visiter aucun de ceux que j’ai visités ne m’a déçu, ils ressellent tous des chez d’œuvres.

Pour ceux qui comme moi sont des rats de musée je vous suggère de parcourir 30 grands musées de France sur le site du Routard

Par Bansky bien entendu

Ah j’allais oublié de vous parler du Musée de la Révolution française à Vizille dans l’Isère.