Monsieur le Président,
Je suis gaulliste depuis 1958. J’avais alors neuf ans.
Depuis toujours, j’ai cru que votre famille politique représentait l’esprit du gaullisme — celui du travail, du mérite et de la fraternité entre les Français. J’ai toujours voté pour elle.
Aujourd’hui, je ne reconnais plus cette France que j’aimais.
Pour reprendre la célèbre caricature d’avant 1789, ce ne sont plus la noblesse et le clergé qui reposent sur le tiers état, mais ceux qui produisent les richesses — travailleurs comme entrepreneurs — qui portent désormais sur leurs épaules une administration pléthorique et un système d’assistanat dévoyé

Je distingue bien sûr les fonctionnaires utiles, ceux qui servent la nation : personnels de santé, enseignants, militaires, policiers, magistrats… Ils sont trop peu nombreux et doivent être mieux soutenus, mieux formés, mieux considérés.
Mais il faut aussi réduire drastiquement les fonctions administratives qui ne créent ni valeur ni service réel pour nos concitoyens
Oui, je crois à la fraternité : nous devons protéger les plus fragiles, soutenir les personnes handicapées et ne laisser personne mourir de faim.
Mais je trouve inadmissible que trop de personnes capables de travailler préfèrent ne pas le faire, parce que leur reste à vivre est plus élevé que ceux qui travaillent.
L’informatique a bouleversé nos vies, mais elle a surtout facilité le travail des administrations — au prix d’un effort accru pour les citoyens, qui font désormais eux-mêmes une grande partie du travail administratif.
Je m’en sors parce que je suis technophile, mais combien de Français sont désormais exclus de ce monde numérique ? Est-ce cela, la modernité ?
Demain, l’intelligence artificielle risque de réduire encore davantage le nombre d’emplois productifs. Que deviendrons-nous alors ?
Vous avez choisi de laisser le « moine soldat » poursuivre sa route.
Cela signifie :
- Que les entrepreneurs vont cesser d’investir et d’embaucher pendant deux ans ;
- Que les consommateurs réduiront leurs achats, entraînant une baisse des recettes fiscales ;
- Que les impôts augmenteront — d’au moins 30 milliards d’euros en 2026, et combien encore en 2027 ?
- Que vous soutenez, depuis huit ans, celui que l’on présentait comme le « Mozart de la finance », lequel a réussi l’exploit d’endetter la France de 1 000 milliards d’euros, battant ainsi le record de François Mitterrand — et s’apprête à détruire ce qu’il reste de notre économie.
Si j’ai bien compris, vous redoutez une dissolution de peur de ne pas être réélu.
Mais en suivant cette voie, j’en suis convaincu : dans vingt mois, vous ne le serez pas davantage.
Continuez ainsi, et nombre d’électeurs de droite, comme moi, ne voteront plus pour vous.
Le Rassemblement National accédera alors au pouvoir, car le « front républicain » ne convaincra plus personne.
Il vous reste une seule voie d’avenir : l’union des droites.
Sans cela, votre mouvement disparaîtra, et avec lui une certaine idée de la France.
Ne servez pas les intérêts d’un homme qui, sept semaines après son élection, osa dire :
« Il y a sur les quais des gares des gens qui ne sont rien. »
Bien fraternellement,
Le serpent à Plumes
PS: Je cours adhérer à l’Union des droites pour la République (UDR)

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