Accident du funiculaire de Glória

Avant même de connaître les conclusions définitives de l’enquête, les informations déjà disponibles permettent de s’interroger sur la sécurité de ce type d’installation.

Le système concerné est composé de deux cabines reliées par un seul câble, chacune équilibrant l’autre. Le principal risque d’accident provient évidemment d’une rupture de ce câble.

Dans le cas présent, le câble garantissait une sécurité estimée à environ 600 jours de fonctionnement, avec un coefficient de sécurité compris entre 6 et 8 — c’est-à-dire que sa charge de rupture devait être au moins six à huit fois supérieure à la charge maximale réelle. La rupture est survenue au 337ᵉ jour d’utilisation, bien avant la limite prévue : le câble n’a donc pas été surutilisé.
Cependant, la maintenance ayant été sous-traitée, il est probable qu’une inspection visuelle approfondie aurait pu prévenir l’accident. Ce type de contrôle est toutefois long, coûteux et peu compatible avec une logique de sous-traitance.

Un deuxième problème tient à l’âge et au statut du funiculaire. Construit en 1886, il a été classé monument national du Portugal en 2022. Ce classement rend toute modification difficile, voire impossible — notamment l’ajout de dispositifs de sécurité indispensables. Or, un câble, quelles que soient les précautions prises, finit toujours par casser, parfois avant sa limite d’utilisation théorique. Cette limite signifie simplement que l’on accepte un risque “raisonnable” avant un certain nombre de cycles.
C’est pourquoi il serait essentiel d’installer un système automatique capable de bloquer instantanément le funiculaire en cas de rupture du câble. À Lisbonne, cette manœuvre reposait sur le machiniste, chargé d’actionner un frein de secours — mais celui-ci est décédé, et il sera donc difficile de savoir ce qui s’est exactement passé.

Enfin, un troisième problème récurrent précède presque toujours les drames : celui des “presque accidents”.
Souvenez-vous du Concorde : avant la catastrophe de Gonesse, un pneu avait déjà éclaté au décollage, perforant les réservoirs à Washington et à Dakar en 1979 — mais aucune mesure corrective n’avait été prise.
Ici encore, un incident similaire s’était produit en 2018 : un wagon avait déraillé, sans faire de victimes, à la suite d’un grave défaut d’entretien.

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