Avant l’arrivée de Trump au pouvoir que peut-on penser de la guerre entre la Russie et l’Ukraine ?

Réflexions du Serpent à Plumes à la création de ce journal

L’Ukraine est une entité dont la partie occidentale est Européenne et la partie orientale est Russe, la frontière est géographiquement délimitée pat le Dniep, fleuve comparable au Rhône qui coule du nord au sud et sur lequel est situé Kiev (3 millions d’habitants, capitale du Pays). Après la chute de l’Union soviétique en 1991, elle avait hérité d’un immense arsenal nucléaire d’environ 2 500 têtes tactiques et plus de 1 500 têtes contenues dans des missiles intercontinentaux, soit beaucoup plus que la France. Le Mémorandum de Budapest signé le 5 décembre 1994 par la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ukraine ainsi que par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie accordent des garanties d’intégrité territoriale et de sécurité à chacune de ces trois anciennes républiques socialistes soviétiques (RSS) en échange de leur ratification du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et leur restitution à la Russie. En réalité la seule garantie est que : L’Ukraine, la Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique se consulteront dans le cas où une question se poserait au sujet des engagements pris. C’est une bien faible garantie.

La situation de l’Ukraine, entre la Russie et l’Union européenne, devient difficile dès 2004 avec la révolution orange, marquant l’opposition entre deux parties de la société, celle majoritairement pro-européenne et occidentale (surtout à l’ouest du pays) et celle russophile (surtout à l’est du pays). La difficile élection du candidat pro-européen Viktor Louchtchenko marque le début de relations tendues avec la Russie qui n’admet pas la prise de distance de l’ancienne république soviétique, jusqu’alors restée alliée de Moscou. Des tensions relatives aux conflits gaziers russo-ukrainiens éclatent dès 2006.

En 2010 le pro-russe Viktor Ianoukovytch est élu président, mais le courant pro-européen et occidental persiste. À la suite du refus du gouvernement de signer des accords de rapprochement avec l’Union européenne, le renforcement du mouvement Euromaïdan provoque un renversement du pouvoir. Très rapidement, une crise éclate entre les territoires majoritairement russophones du sud-est du pays et le nouveau pouvoir central de Kiev.

La Guerre du Donbass débute en février 2014 dans le contexte des manifestations de l’Euromaïdan dénonçant la corruption du pouvoir en placece qui est vrai. La révolution ukrainienne de février 2014 qui s’ensuit entraîne le renversement du gouvernement prorusse de Viktor Ianoukovytch et l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement intérimaire dirigé par les proeuropéens Oleksandr Tourtchynov (le 22 février) et Arseni Iatseniouk (nommé Premier ministre le 27 février). Le 23 février, des troubles prorusses et des manifestations anti-Maïdan éclatent, principalement dans l’Est de l’Ukraine et notamment à Kharkiv, la plus grande ville d’Ukraine après Kiev. À partir du 28 février, date qui préfigure l’annexion de la Crimée, des troupes russes s’emparent de la Crimée

Le 11 mars 2014, la Crimée proclame son indépendance, puis à la suite d’un référendum est rattachée à la fédération de Russie le 18 mars. Ce référendum et le rattachement qui a suivi ont été condamnés par l’Ukraine et une large part de la communauté internationale. Ainsi, le 27 juin 2014, l’Assemblée générale de l’ONU a voté la résolution 68/262 sur « l’intégrité territoriale de l’Ukraine », la majorité des pays condamnant le rattachement de la Crimée à la Russie : 100 pays dont les États-Unis et l’UE.

Une guerre civile, dite guerre du Donbass, éclate ensuite dans l’est de l’Ukraine majoritairement russophone, qui entraîne plus de dix mille morts.

Elle cesse après les accords de Minsk II le 11 février 2015 en présence de Vladimir Poutine, président russe, Petro Porochenko, président ukrainien, Angela Merkel, chancelière allemande, François Hollande, président français, Alexandre Zakhartchenko, représentant de la république populaire de Donetsk, et d’Igor Plotnitski, représentant de la république populaire de Lougansk.  Qui aboutissent à un cessé le feu le 15 février 2015

Des élections d’auto détermination auraient du se tenir, ce qui n’a pas été fait, cf l’article du Huffpost.
Il existe un site remarquable : du ministère des Armées  qui donne le point de la situation régulièrement avec des cartes qui permettent de voir l’évolution du front.

Il ne fait aucun doute que la Fédération de Russie a gagné des territoires par rapport aux accords de Minsk 2.

Cependant il apparait, en fonction de la détermination de l’Ukraine qu’il est impossible à la Russie de gagner la guerre comme il est impossible à l’Ukraine de la gagner.

La promenade de santé que devait faire l’armée Russe en envahissant l’Ukraine  le 24 février 2022 a eu un coût terrible pour la Russie:

  • Plusieurs centaines de milliers de morts mais cela importe peu à ses dirigeants
  • Économie au bord de l’asphyxie.
  • Régions revendiquées par la Russie avec des dommages de guerre colossaux.
  • Frontière avec l’OTAN  augmentée de 1340 km depuis le ralliement le 30 mars 2023 de la Finlande à l’OTAN. C’est une force de 270 000 hommes en armes ; davantage que ce que l’armée française pourrait aligner. Intégrée à l’OTAN, l’armée finlandaise en termes d’effectifs est la troisième puissance de l’Alliance Atlantique, derrière seulement les États-Unis et la Turquie.
  • Nouveaux pays qui adhèrent à l’OTAN : La Suède le 7 mars 2024 et 3 autres pays souhaitent adhérer : la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie et l’Ukraine.

Les conditions de la paix ne sont pas à mon avis réunies car il faudrait trouver un accord où il y aurait deux vainqueurs ce qui me parait impossible. Par contre un cessez le feu pérenne comme celui entre les deux Corées qui est en fonction depuis le 27 juillet 1953 me parait possible.

Donald Trump pourra – t –il après sa prise de fonction le mettre en place et si oui qu’elle forme pourrait-il revêtir ?

  • Nouvelle frontière basée sur des frontières géographique, linguistiques et culturelles.
  • Promesses à l’Ukraine d’intégrer à moyen termes l’Europe et l’OTAN
  • Levée des sanctions économiques à l’encontre de la Russie.
  • Reconnaissance de souveraineté de la Russie sur les territoires conquis.

L’Ukraine voudra sans doute des aides financières pour reconstruire le pays mais je ne pense pas que Trump fasse autre chose que des prêts si ce n’est des dons avec obligation à l’Ukraine d’acheter avec eux des fournitures américaines.

Ce cette partition de l’Ukraine est souhaitée, je le pense par de nombreux Ukrainiens : les Russophile et russophobes bien évidemment mais aussi les ukrainiens pro-européens qui aspirent à ce que la guerre cesse. Les États-Unis ont besoin de consacrer tous leurs efforts militaires en Asie pour lutter contre la réunification des deux Corées et l’annexion de Taïwan par la Chine. Il est probable que si les Russes ont la garantie que l’Ukraine, qui en est capable, renonce à se doter de l’arme nucléaire se satisfasse de cet accord.

Je ne suis pas sûr que sur ce sujet, comme beaucoup d’autres que nos journalistes nous décrivent la situation d’une manière très objective.

Ce cessez-le-feu imposé par Trump me parait possible et je l’espère, c’est probablement là mon biais de raisonnement.

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